La lettre de mars 2025
NON à la baisse des subventions aux assos de #Ferney
Mardi dernier, en conseil municipal, je n’ai pas réussi à me faire entendre sur le constat de la baisse inéluctable du soutien — par la ville — aux associations. J’ai donc voté CONTRE.
327’000€, c’est la somme — d’apparence confortable — qui figure dans le budget 2025 et qui est consacrée aux subventions aux associations. En réalité, cette somme masque un effondrement du soutien de la ville au monde associatif. Tout d’abord, sur cette somme, environ 70’000€ seront consacrés à l’association du personnel communal.
Ensuite, 100’000€ sont destinés aux associations sportives, associations autrefois soutenues via le SIVOM. Des associations sportives dont le destin financier ne fait même pas l’objet d’une discussion avec Prévessin et Ornex. Cette concertation serait pourtant nécessaire pour assurer la cohérence de l’action publique… Je l’avais déjà souligné l’an dernier… Rien n’a été fait dans cette direction pourtant logique. Pourquoi ? Je n’ai pas eu de réponse.
Ce sont donc environ 157’000€ qui peuvent potentiellement être attribués aux associations en dehors du champ sportif… soit moins de 1% du budget de fonctionnement de la commune. Ce chiffre doit nous interpeller, nous, ville de Ferney, « phare culturel du Pays de Gex »… Un phare dont les lumières ne portent plus. Le taux était, il y a quelques années encore, de 3%.
Ainsi, dans un passé assez récent, Ferney était capable de soutenir, la même année :
- Festivolt (25’000€),
- Pangloss pour la fête de la science (10’000€),
- 20’000€ en direction de la politique de la ville,
- 18’000€ pour le théâtre de marionnettes de la rue de Meyrin,
- 50’000€ en direction de la compagnie FOR…
Sans oublier que nous portions la compétence Voltaire pour le compte de l’agglo.
Aujourd’hui, le constat est amer : le soutien associatif frise l’anecdote pour certaines associations, tandis que pour d’autres, les explications sont erronées… Par exemple, l’aide de 3’000€ à NPNS ne comprenait pas un volet culturel, celui-ci était en sus (c’est facile à retrouver…).
Enfin, le travail formidable qu’effectuent les personnels de la Médiathèque en matière de politique culturelle ne saurait être une excuse pour sacrifier le reste, sans discernement, sans écoute et sans même informer les acteurs concernés.
Par ailleurs, je refuse la spirale délirante qui se met en place et qui consiste à « valoriser le prêt de locaux » sur des bases de 7€/m² (+16% d’augmentation en un an), un prix qui n’a aucun lien avec la réalité et qui ne tient même pas compte du fait que le local soit attribué de manière exclusive ou partagée…
J’en profite pour dénoncer le sempiternel refrain porté par le maire (relevé en fin d’article du Dauphiné) sur la pauvreté liée à notre taux de logement social très élevé*. Je rappelle (encore) que si le taux est de 28%, c’est uniquement parce que notre commune abrite un taux anormalement élevé de 18% de résidences secondaires (plus de 800 logements).
Je dénonce d’autant plus ce refrain que, si la pauvreté n’est pas inexistante à Ferney, on ne lutte pas contre elle en réduisant le soutien associatif… Tout comme on ne réduit pas le soutien associatif dans une ville où l’engagement citoyen est faible. Nos associations sont un lien essentiel, existentiel même, dans une cité comme la nôtre.
Ces dernières semaines, j’ai rencontré une dizaine de responsables associatifs… Tous font le constat de l’absence d’écoute, d’un manque de dialogue et d’une politique devenue illisible.
S’il est clair que la gestion financière d’une ville n’est pas une balade de santé, pour autant, si nous manquons d’argent (ce que nous vérifierons — ou pas — lors du compte administratif), les arbitrages doivent se faire ailleurs !
*Le taux de logement social est calculé sur le nombre de résidences principales. De l’argent peut être récupéré sur les faux résidents : il y a 8 ans, faute de moyens coercitifs légaux, j’avais provoqué une campagne d’information pour tenter de réduire leur nombre… Nous perdons sans doute 300’000 à 400’000€ de recettes par an… soit autant que les subventions !
Parlons aussi du non-recours aux subventions à solliciter : 400’000€ perdus en 2 ans en investissement, faute de dépôts de dossiers auprès du département, malgré mes sollicitations insistantes. Aucune demande auprès de la région…
Voilà des pistes pour ceux qui en cherchent…